Évocation de la verrerie en France méridionale au début du XIIIème siècle

Les Milites de Dun remercient du fond du cœur Monsieur Allain Guillot, Maître Verrier et Meilleur Ouvrier de France, son épouse Claudine, de nous avoir permis de découvrir le « monde du verre », mais aussi de faire vivre, au travers des gestes millénaires, les publications parfois très théoriques, ainsi que les pièces de fouille ou de musée.

Merci pour leur fabuleux accueil, les partages culinaires, et tous ces moments profondément humains qui marquent notre « vie de reconstituteur ».

Ces opérations s’inscrivent dans le cadre de nos activités dont le but est la restitution d’une image la plus fidèle possible, en l’état des dernières connaissances de ce qu’était la vie au Moyen Age, dans la période allant de la fin XIIème et première moitié du XIIIème siècle, dans le Midi de la France.

Il serait prétentieux ici de parler de reconstitution ou de reproduction. A partir de différentes sources mises à notre disposition et après recherches, l’objectif premier était de produire des pièces à l’aspect histocompatible à partir d’éléments « modernes » tel que la matière première et l’utilisation de four à gaz. Ce choix induit forcément une distorsion notamment du côté technique tel que les positions de travail, les temps et l’efficacité de la chauffe (etc…), amenant confort ou des difficultés supplémentaires à la réalisation d’une pièce.

 

La restitution de la pièce passe donc, obligatoirement, par une mise en contexte, une compréhension du geste et le talent du Maitre Verrier.

Dans la partie IV) la description des différentes étapes de fabrication des pièces est richement illustrée. Outre le côté didactique, ces photographies (certaines de meilleures qualités que d’autres) ont comme rôle de vous faire partager cet univers particulier. Gestes ancestraux, magie de la matière… Laissez-vous transporter !!!!

Maillochage - la mati+¿re dans toute sa

Le maillochage

Palais des Archev+¬ques - Nuit des Mus+®

Vue au Palais des archevêques

I- Les sources

 

Dans le Midi Méditerranéen, les sources textuelles n’existent pratiquement pas avant le XIIème siècle. Le corpus prend quelque peu d’importance sur la 2ème moitié du XIIIème siècle jusqu’à devenir très important sur la période XV/XVIème siècle (et au-delà !).

Les sources iconographiques, enluminures, fresques ou sculptures suivent à peu près la même dynamique pour certaines pièces. Pour d’autres les représentations sont nombreuses, parfois même agrémentées de détails techniques très précis.

Les sources archéologiques, en général nombreuses, apparaissent comme la base de nos recherches.

 

 

II-  Le verre, matière fascinante ! - Approche générale

 

Le verre est obtenu par la fusion de la silice à laquelle on ajoute une base alcaline appelé fondant ainsi qu’une base calcique stabilisante.

Cette silice est en général extraite d’un gisement proche de l’atelier, carrière ou bord de rivière. Elle est préférée sous forme de sable mais peut être obtenue à partir de fragments de roche ou de galets de quartz ce qui, dans ces cas, nécessite des étapes de transformation supplémentaires.

Le fondant permet de diminuer la température de fusion de la silice et donc permet d’augmenter le temps de plasticité du verre. Il est obtenu à partir de cendres de végétaux dont la teneur en soude ou potasse est significative.

 

                 

a- La potasse : obtenue principalement à partir de végétaux « terrestre » tel que la fougère mais aussi d’autres tels que le chêne, le hêtre ou le pin.

La fougère possède la teneur en potasse la plus élevée. Son utilisation est préconisée dans plusieurs textes du XIIème siècle dont le plus célèbre est le « Schedula diversarum artium » du moine Théophile.

Photo 1 foug+¿re  - Dryopteris filix-mas

Fougère - Dryopteris filix-mas.

b- La soude : obtenue à partir de cendre de plantes halophytes notamment la Salicorne. Il est admis que la plupart des verres antiques sont « sodiques » mais néanmoins l’utilisation de soude reste, pour la première moitié du XIIIème siècle un marqueur identitaire régional.

La salicorne est récoltée à l’état naturel. Elle est présente sur tout le pourtour Méditerranéen. Il faudra attendre les XIV et XVème siècles pour voir sa culture s’établir et monter en puissance autour de nos étangs du Languedoc, comme en Camargue ou dans le delta de l’Ebre en Catalogne.

Toutefois au XIIIème siècle, les récoltes de salicorne sont loin de subvenir aux besoins des ateliers de verriers. Le recours à l’importation de « rochette », plante d’origine Orientale est attesté. Marseille en est son principal port d’approvisionnement pour le littoral Méditerranéen.

Photo 2 Salicorne - Salicornia_europaea.

Salicorne - Salicornia europaea.

c- La chaux a été apporté involontairement par les impuretés du sable et les cendres. Les verres médiévaux avaient une teneur faible de calcium ce qui a favorisé leur altération.

Le rôle de la chaux, qui est du calcaire, n'était pas bien défini à l'époque médiévale.

 

Les analyses effectuées à la demande des archéologues sur de nombreux tessons montrent que les 2 bases sont souvent présentes simultanément. Utilisation de végétaux à la fois riche en sodium et en potassium ? Utilisation de plusieurs sortes de végétaux ? Les valeurs de teneurs de soude ou de potasse sont souvent altérées par le temps… (Le verre qui contient comme fondant sodium/potassium est la conséquence du recyclage de verre d'origines différentes.

Les verriers ont toujours voulu obtenir un verre transparent et le plus limpide possible. Indépendamment leur volonté, selon la pureté de la silice, des éléments parasites comme des oxydes de fer teintent plus ou moins légèrement la matière en un vert ou jaune si caractéristique de la période.

III-  « Développement durable !? »

 

Les ateliers recyclent leurs déchets. Ces derniers, issus d’essais, de raté de production, sont quand même assez peu nombreux. L’emploi de verre brisé de déchets ou de matière première produite à cet effet est bien attesté par les textes. Ce « groisil » relativement rare tout de même pour le XIIIème siècle provenait d’un même endroit pour un même atelier. Il était importé de régions (voisines ou non) ou de pays de longue tradition verrière comme la Syrie ou l’Egypte.

IV- La production

 

IV-1) Le verre bi tronconique

 

IV-1-1) Les sources :

Cette forme est très peu représentée par l’iconographie.

Photo 3 - Sant Marti de Fenollar.JPG
Photo 4 - Sant Marti de Fenollar.JPG

Fresques murales de la chapelle Sant Marti de Fenollar.

Les sources archéologiques sont la base de nos recherches. Elles proviennent de nombreux sites, qu'ils soient lieux de culte, sépultures ou habitats. Ils s’étalent de la Provence à la Catalogne, de la vallée du Rhône aux piémonts Pyrénéens...jusqu’au Castrum de Cabaret (Lastours -Aude).

Un exemplaire intact a été mis au jour lors de fouilles du cimetière médiéval de Cancabeau (Châteauneuf de Gadagne – Vaucluse).

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Verre bi tronconique (forme A3) – cimetière Cancabeau. - photo F. DUGUE – Les dossiers de l'Archéologie 143

IV-1-2) Forme générale - descriptions :

Les éléments archéologiques retrouvés sont fragiles. D’aspect noirâtre, ils ont tendance à se déliter très facilement. Leur forme est très caractéristique. Elle est composée de 2 cônes opposés et non symétriques, la coupe étant en général plus haute et plus évasé. Le pied est quant à lui, ourlé vers l’intérieur.

La jonction coupe/pied, constitue la majorité des tessons, ou tout au moins, elle en est la partie caractéristique, unique, associé à cette forme. C’est aussi la partie épaisse donc plus solide du verre. Son examen permet de mettre en exergue 2 techniques de fabrication : 1 seule paraison ou 2 paraisons.

photo 6.JPG
Photo 7 - Tesson Cabaret - bitronconique

Tessons Castrum de Cabaret

Photo 8 - Autopsie apr+¿s casse - Photo

Tesson cassé lors de la reproduction.

Les dimensions estimées ou observées sont assez disparates et peuvent être regroupées dans le tableau suivant (toutes valeurs en mm et nombre d’occurrence non exhaustif) :

tableau.JPG

IV-1-3) Restitution

   a) Double paraison

Dans ce cas le Maître Verrier va « cueillir » 2 fois la matière dans le four. Une fois afin de façonner la coupe et une deuxième fois pour le pied.

 

1ère étape : 1ère paraison. 1ère mise en forme de la coupe. Après avoir soufflé un mouvement de « moulinet » effectués avec sa canne par le Maître Verrier auront pour but d’allonger la paraison jusqu’à atteindre le volume souhaité.

Photo 9 - 1ere cueillette.jpg

Cueillage, marbrage du 1er cueillage.

Photo 10 - formation de la coupe.jpg

Formation de la coupe par mouvements de rotation.

2ème étape : 2ème cueillage et pose du pied

Photo 11 - 2+¿me cueillette.jpg

Soufflage du 2ème cueillage.

Photo 12 - collage du pied 1.jpg
Photo 13 - collage du pied 2.jpg

Pose du pied.

3ème étape : Façonnage du pied

Photo 13 - fa+ºonnage du pied - 1.jpg
Photo 14 - fa+ºonnage du pied - 2.jpg
Photo 15 - fa+ºonnage du pied - 3.jpg

Façonnage du pied.

Afin de pouvoir réaliser l'ouverture du verre, à l'aide d'un ferret dont l'extrémité est légèrement enrobée de verre, le pontil est collé à l'intérieur du pied sous le fond du verre. Ce dernier est ensuite détaché de la canne, puis remis dans le four pour pouvoir enfin être ouvert et ainsi achever le bord de la coupe.

 

4ème étape : finalisation de la coupe

Photo 16 - finalisation coupe 1.jpg
Photo 17 - finalisation coupe 2.jpg
Photo 18 - finalisation coupe 3.jpg

Ouverture de la coupe.

… Pièce terminée, vérification de la dimension.

Photo 19 - pi+¿ce termin+®e..jpg

Pièce terminée.

  b) Simple paraison

Beaucoup plus compliqué que le mode de fabrication précédent, cette technique n’est pas à la portée de tous les verriers. Savoir-faire, précision dans les gestes, connaissance de la matière, du matériel et maitrise du temps sont gage de pièces réussies.

 

1ère étape : façonnage de la paraison. En combinant souffle et mouvement de rotation de la canne, le Maitre Verrier obtient le volume voulu et estimé pour l’ensemble de la pièce. Le pied est alors façonné entièrement, dans la moitié de la partie en forme de boule.

Photo 20 - Fa+ºonnage du pied 1.JPG

« Poste » (bulle de verre) qui sert à recueillir la quantité pour faire la pièce.

Photo 21 - Fa+ºonnage du pied 2.JPG
Photo 24 - Fa+ºonnage du pied 5.JPG
Photo 26 - Fa+ºonnage du pied 7.JPG

Façonnage du pied

2ème étape : elle nécessite aussi un empontillage. Opération très délicate qui n’est pas facilité par la violence de la température du four à gaz (plus élevée que celle des fours médiévaux). En effet cette dernière, lors de la façon de la coupe à tendance à faire fondre l’encrage du pontil, ce qui provoque irrémédiablement la perte de la pièce. !!

Photo 28 - d+®placement pontil.JPG
Photo 27 - d+®placement pontil.JPG

Empontillage ou mise au pontil.

Ouverture de la coupe

Photo 49 - claquage pontil.JPG

Pour favoriser le détachage de la pièce, une goutte d'eau est déposée à la jonction du pontil et du fond de la pièce.

photo 40 - att+®nuation marques pontil.J

Après avoir détaché la pièce du pontil sur la table en frappant un coup sec sur le pontil, celui-ci est légèrement rebrûlé avec un chalumeau pour arrondir la trace du pontil afin qu'il ne soit pas coupant. Mise au four de recuisson.

IV-2) Le verre « de Cabaret »

Lors des fouilles programmées du Castrum de Cabaret (Lastours - Aude), un nombre conséquent de tessons de verre ont été trouvés. Quelques-uns sont remarquables comme déjà vu précédemment. Deux, assez proches esthétiquement sont à l’origine du projet ci-dessous.

Assez proches, mais différents, nous pouvons aisément imaginer qu’ils puissent provenir du même atelier.

Leur aspect ne déroge pas à ce que l’on observe habituellement. De teinte noirâtre ils donnent l’impression de s’effriter facilement.

A l’instar du tesson de verre bi tronconique, il ne subsiste que la jonction coupe / pied avec sur un des deux exemplaire un reliquat de pied beaucoup plus important. Semblant de forme octogonale, il est décoré d’ondulations rayonnant du centre vers l’extérieur du pied.

41.JPG

Tesson n°1 & n°2

Photo 42 - tesson n-¦1 Cabaret.JPG
Photo 45 - tesson n-¦1 Cabaret.JPG
Photo 44 - tesson n-¦1 Cabaret.JPG
Photo 43 - tesson n-¦1 Cabaret.JPG

Vues du tesson n°2

Ne pouvant s’appuyer sur aucune iconographie, cette restitution est basée sur l’expertise du seul tesson par notre Maitre Verrier ainsi que les travaux de Madame Danièle FOY, chercheur au sein du LAM 3 des Université Aix-Marseille.

 

IV-2-1) Description :

Il s’avère qu’après examen in situ des tessons, notre première hypothèse de pied de forme octogonale ne tiens pas. Les bordures de ce dernier ne présentent pas les caractéristiques d’élément moulé, les cassures, certes régulièrement réparties, sont nettes. L’hypothèse d’un pied de forme ronde, d’assez grand diamètre est beaucoup plus réaliste.

Cet examen met aussi en exergue un mode de fabrication en deux paraisons et décors obtenus par un passage à l’optique de la paraison destinée à la création du pied.

Ces éléments nous rapprocheraient d’un verre de forme A1 selon la classification de Madame Danièle FOY, en cohérence avec la datation des artéfacts.

 

IV-2-2) La fabrication en image : 

 

1ère étape : travail de la première paraison et ébauche de la coupe

Photo 46 - travail 1ere paraison.jpg
Photo 47 - +®bauche coupe.jpg
Photo 48 - chauffe avant collage 2+¿me p

Préparation de la coupe (marbrage)

Mise en forme de la coupe.

Maintien en température de la coupe

2ème étape : La 2ème paraison est passée dans un moule optique afin de créer le décor côtelé observé sur la pièce originale.

Photo 49 - passage +á l'optique 2+¿me pa
Photo 50 - collage 2+¿me paraison - pied

Soufflage dans le moule optique 2ème paraison.

Pose du pied.

3ème étape : façon du pied qui est progressivement ouvert

Photo 51 - ouverture du pied.jpg
Photo 52 - ouverture du pied.jpg

Ouverture du pied.

4ème étape : Finalisation de la coupe. Afin de procéder à cette dernière étape il est nécessaire de l'empontiller en le fixant sous le centre du pied.

Photo 53 - ouverture de la coupe.jpg

Ouverture de la coupe après un réchauffage.

Photo 54 - fa+ºonnage de la coupe.jpg
Photo 55 - fa+ºonnage de la coupe 2.jpg

Finition de l'ouverture.

Photo 56 - clacage du pontil.jpg

Terminée ! Détachage de la pièce.

IV-3) Ampoules et fioles

Comme le précise Danièle FOY, les ampoules, fioles à panse sphérique au col plus ou moins long sont les plus anciennes formes de verre médiévales signalées. Au niveau archéologique, les découvertes les plus spectaculaires se font dans les sépultures, de Bordeaux à la Vallée du Rhône.

Toutefois, il ne faut pas considérer ces objets uniquement comme des récipients funéraires qui, dans ce cas devaient contenir de l'eau bénite, mais aussi comme des objets à usage domestiques, plus ou moins modestes en fonction de leurs qualités de fabrication.

Comme le précise Danièle FOY, les ampoules, fioles à panse sphérique au col plus ou moins long sont les plus anciennes formes de verre médiévales signalées. Au niveau archéologique, les découvertes les plus spectaculaires se font dans les sépultures, de Bordeaux à la Vallée du Rhône.

Toutefois, il ne faut pas considérer ces objets uniquement comme des récipients funéraires qui, dans ce cas devaient contenir de l'eau bénite, mais aussi comme des objets à usage domestiques, plus ou moins modestes en fonction de leurs qualités de fabrication.

IV-3-1) Les sources iconographiques :

Largement représentées, l’iconographie du XIème au XIIème siècle nous montre ces mêmes ampoules utilisées à table, comme contenant et comme verre.

Photo 58 - Sant Pere t 3 fo 97.png
Photo 57 - Sant Pere t 3 fo 66.png
Photo 59 - Sant Pere t 3 fo 127.png

Bible de Sant Pere de Rodes

Photo 60 -_Ms250_136_f29v.jpg

La vie de Sainte Radegonde

D’autres exemples dévoilent ces mêmes formes utilisées dans le domaine du bain, notamment rituel.

Photo 62 - 083_Ms250_136_f39.jpg
Photo 61 - Sant Pere 2 fo 5.png

La vie de Sainte Radegonde

Bible de Sant Pere de Rodes

Les ampoules sont aussi représentées sur de nombreux tympans, portiques et autres chapiteaux de grandes abbayes Romanes. Ces représentations sont quelque fois surprenantes de par le réalisme des détails techniques.

Photo 63 - Ampoules Cath+®drale de Pampl
Photo 64 - ampoule - Santo Domingo de So
Photo 65 - ampoules - voussure Ste Marie

Chapiteau Cathédrale de Pampelune

Voussure Santo Domingo de Soria

Voussure Cathédrale Sainte Marie d’Oloron

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Photo 69 - SantiagoPortico G75.jpg
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Magnifique série d’ampoules décorées par moule optique et col torsadé de l’archivolte du Portail de la Gloire de Santiago de Compostela

Comme l'énonce Danièle FOY, « il est souvent difficile de faire correspondre les textes à l'archéologie, mais il est probable de la «centenar d'ampoyles » et autres « ampoyles » taxées à la leude de Collioure en 1248 et que les « ampollis » dans le tarif de la leude de Perpignan renvoient à de simples bouteilles emmanchées d'un long col tel que nous les connaissons ».

Les sources archéologiques sont nombreuses et quelques fois exceptionnellement intactes.

L'ampoule est une forme des plus simple qui s'est perpétuée jusqu'au XVème siècle, dans de moindre proportion tout de même. Emmanchées d’un col fin dont la hauteur peu aller de 1à 3 fois le diamètre de la panse, elles peuvent être décorées (aspect « côte de melon plus ou moins marqué sur la panse, filets torsadés ou non le long du col).

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Photo 71 - N+®cropole St Michel - Bordea
Photo 72 - fiole puits Montpellier.jpg
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Eglise Saint Georges,

Vienne

Nécropole Saint Michel,

Bordeaux

Petite fiole - puits rue de la Barralerie, Montpellier

Musée de la Romanité,

Nîmes

IV-3-2) Restitution étape par étape

   a) Le cas d'une ampoule non décorée

1ère étape : Cueillage et maillochage

Photo 74 - CUEILLAGE.JPG
Photo 75 -  MAILLOCHAGE.JPG

Cueillage

Maillochage

2ème étape : Soufflage et dégagement pour préformer le col puis réchauffage

Photo 76 - Soufflage.jpg
Photo 77 -  DEGAGEMENT DU COL.JPG

Soufflage

Dégagement du col

3ème étape : Allongement du col par mouvement de balancement de la canne et soufflage sur une plaque de métal

Photo 78 -  ALLONGEMENT & SOUFFLAGE.JPG
Photo 80 -soufllage apr+¿s allongement c
Photo 79 -  SOUFFLAGE.JPG
Photo 81 -  Soufflage apr+¿s allongement

Allongement du col et soufflage

4ème étape : « Enfoncement du cul » afin d'avoir une bonne stabilité de la pièce

Photo 83 - ENFONCEMENT DU FOND.JPG
Photo 82 - ENFONCEMENT DU FOND.JPG

Façonnage du fond

5ème étape : Tranchage, empontillage, détachage de la canne puis réchauffage

Photo 84 - TRANCHAGE.JPG

Affinage du col

Photo 85 - empontillage.JPG
Photo 86 - affinage du col.JPG

Mise au pontil

Affinage du col

Photo 87 - RECHAUFFAGE.JPG

Réchauffage

6ème étape : Finition du col, détachage du pontil et mise à l'arche.

Photo 88 - OUVERTURE.JPG
Photo 89 - OUVERTURE.JPG

Ouverture du col

Photo 90 - D+®tachage du pontil.JPG
Photo 91 - MISE +á L'ARCHE.JPG

Détachage du pontil

Mise à l'arche

   b) Le cas d'une ampoule décorée

Comme nous le montrent les exceptionnelles sculptures du Portail de la Gloire de Saint Jacques de Compostelle (photos 65 à 68) ou (entre autres) la petite fiole retrouvée dans un puits, rue de la Barallerie à Montpellier, les ampoules peuvent être côtelées.

Dans ce cas, le « décors » est obtenu, après maillochage, par un soufflage dans un moule à côtes puis ressoufflage, opération qui a tendance à atténuer ou à faire disparaître l’effet de décor sur la panse. Observé sur quelques pièces de fouilles, ce phénomène est anticipé en amont par un choix de moule à côte judicieux.

 

Le col est dégagé, préformé et réchauffé. Il est allongé par un mouvement de balancement. A ce stade, et comme nous pouvons à nouveau l'observer sur les pièces de fouille, la décoration du col peut être complétée par un effet torsadé sur sa hauteur obtenu par soufflage dans un bloc en bois en tournant la canne toujours dans le même sens dans le but de provoquer la torsion sur le col.

Photo 92.JPG
Photo 93 - r+®chauffage.jpg
Photo 94  - empontillage sur fiole Montp

Réchauffage

Mise au pontil sur fiole « Montpellier »

Allongement du col après premier soufflage dans le moule à côtes

Photo 95 - affinage du col.JPG
Photo 96 - ouverture du col.JPG
Photo 97 - r+®chauffage.JPG

Ouverture du col

Réchauffage

Affinage du col

Bibliographie :
 

  •  Le verre Médiéval et son artisanat en France Méditerranéenne de Danièle Foy CNRS Edition

  • Le verre du VIIIème au XVIème siècle en Europe occidentale de Claudine Munier (Presses Universitaires de Franche Comté

  • Le verre, un Moyen Age inventif – catalogue exposition Musée du M.A. de Cluny

 

Ainsi que divers articles dont :

 

  • "La verrerie médiévale à Marseille", in Abel V., Bouiron M., Parent F. (dir.), Fouilles à Marseille. Mobiliers médiévaux et modernes (Bibliothèque d’Archéologie méditerranéenne et africaine, 16), 2014, Aix-en-Provence, p. 259-278.

 

  • Les dossiers de l’Archéologie, n°143, Le verre au Moyen Age, décembre 1989

         "Le décor des verreries méditerranéennes au Moyen Age",

         "Les ateliers de verriers…"

 

  • "Le verre médiéval et son artisanat en France méditerranéenne", éditions du CNRS, Paris, 1988,

 

  • "L’accès aux matières premières du verre de l’Antiquité au Moyen Age en Méditerranée occidentale", Artisanat et matériaux, la place des matériaux dans l’histoire des techniques, Publications de l’Université de Provence, 1998

Crédits Photos : Annick DESPRATX, Delphine JONET, Noël MARTIN, Laurent CATHALA.