Carnets et itinéraires de la laine médiévale

-

Introduction

(par Coeur de Tr'âme)

En collaboration étroite avec l’association les milites de Dun et, partie intégrante de celle – ci, Cœur de Tr’ âme est une  micro – entreprise, spécialisée en histoire vivante. Nous travaillons notamment sur la laine au moyen – âge, en Languedoc au  XIII, période charnière, qui vit dès 1209 déferler sur cette région, une croisade venue du Nord de la France. Pour la première fois dans l’histoire de la chrétienté occidentale, des chrétiens se croisèrent contre d’autres chrétiens, communément appelés «Albigeois» par ces croisés ainsi que les cisterciens qui considéraient que l’Albigeois était une région pleinement acquise aux hérétiques, tous ennemis de la foi catholique romaine. Cette même opinion générale sera exprimée par Pierre des Vaux de Cernay, historien de la croisade qui écrira sur ces événements à partir de 1213.

 

Cependant, nous pouvons relever que l’église de l’Albigeois, était sans aucun doute la plus ancienne des églises cathares occitanes, signalée dans les sources de 1167 grâce au concile de St Félix Caraman. Son évêque Sicart Cellerier demeurait semble-t-il à Lombers, siège de l’évêché jusqu’au début de la croisade. Avant lui, un autre évêque du nom d’Olivier, mentionné avec certitude au colloque de Lombers en 1165, était peut-être déjà en place. Les historiens considèrent que Sicart Cellerier et Olivier représentaient probablement un même personnage. Toujours est-il que l’église de l’Albigeois durera de 1165 à 1285, malgré qu’encore aujourd’hui, sa hiérarchie demeure en partie méconnue ( voir à ce sujet les excellents travaux de Jean Duvernoy et de Gwendoline Hancke ).

 

Toutefois à cette époque, l’Occitanie, en tant que région avec des frontières politiques, n’a jamais vraiment existée, sa véritable réalité se composait d’une multitude d’entités territoriales, indépendantes, changeantes et souvent conflictuelles. De ce fait, l’identité occitane au moyen-âge ne s’incarnait pas dans ses frontières politiques, mais dans sa langue et sa culture qui formaient à la fois, le cœur et l’esprit de la terre d’Oc.

 

Malgré cela, en ce début du Xlll, la tragédie qui se jouait sur cette terre d’Occitanie, portait avec elle et en elle, dans le domaine du textile, les semences d’une germination préfigurant le développement inouïe de cette industrie. Et cet essor considérable, déjà entamé au Xll, montera en puissance au Xlll, puis se poursuivra encore les siècles suivants, sans jamais vraiment s’essouffler, en dépassant même les strictes limites du Languedoc, exprimant alors, un phénomène commun dans toute l’Europe médiévale.

 

L’étude que présentera Cœur de Tr’âme au sein de l’association les Milites de Dun, traitera de la laine au moyen-âge, elle portera sur les périodes qui vont de la fin du Xll, couvrant tout le Xlll et jusqu’au début XlV. Cette articulation est importante, car elle englobe des paramètres progressifs, mais essentiels dans l’évolution des techniques et des réglementations, et qui sont nécessaires pour une bonne compréhension des sources et des matériaux à la base  d’une documentation, mettant en lumière la métamorphose de cette industrie textile. Cet exposé se fera sous forme de résumés synthétiques et simplifiés, qui seront englobés dans des paragraphes que nous qualifierons « Carnets et itinéraires de la laine médiévale », et se décomposant en chapitres 1,2,3,4, etc…

Dans cette recherche nous aborderons également l’histoire et la religion des cathares, avec beaucoup de circonspection, tout en récapitulant le rôle capital de cette église chrétienne différente, et sa participation active  au sein de la vie publique, sociale, économique et religieuse ; ainsi que son engagement dans la filière textile de cette époque.

En parallèle de cette présentation, nous fournirons le résultat de nos expériences et reconstitutions historiques en la matière. Tout en restituant, l’état d’esprit de notre démarche dans la recherche de l’histoire du textile, alliée à de l’archéologie expérimentale, indispensable pour une vision globale du travail de la laine au moyen-âge, de la toison à la finition du drap de laine. Notre cheminement procède d’un engagement total, d’une immersion absolue dans l’exploration minutieuse du parcours de la laine, depuis sa récolte, sa transformation, sa valorisation et son utilisation dans la vie quotidienne de la société méridionale du Xlll.